Prendre le thé avec… Cécile Duquenne

Je connais Cécile Duquenne depuis… Une éternité et demie ? Oui, au moins cela. En fait, j’ai l’impression que j’ai entendu parler d’elle depuis que je suis entrée dans le monde merveilleux des fandoms et de l’écriture.

C’est certainement faux (je traîne dans ces fameux fandoms depuis plus de vingt ans et il me semble que ce n’est pas son cas vu qu’elle est plus jeune que moi), mais Cécile est d’un abord tellement facile, tellement chaleureux, que cela importe peu au final.

J’ai une profonde admiration pour son travail et je dois dire que si j’ai commencé à écrire autre chose que des fanfictions, c’est un peu grâce à elle. Quand elle a été publiée pour la première fois, j’ai eu une illumination : « mais, alors, une fanficeuse peut être publiée. Whaaaaaaaa *_*« . Il a fallu d’autres évènements pour me lancer, mais elle a mis en terre la première graine. Depuis le début de mon chemin en tant qu’autrice, elle a toujours été encourageante et offrant d’excellents conseils.

Alors, il y a quelques mois quand elle a sorti Extases, un roman érotique steampunk (le lien vers ma chronique), j’ai su que je voulais l’inviter dans le cadre de cette série.

Vicky Saint-Ange : Bonjour Cécile, pourrais-tu présenter ton livre, Extases ?

Cécile Duquenne : Bonjour Vicky. Avec grand plaisir !

Extases est tout d’abord un livre paru chez un éditeur traditionnel, sous le titre de Gourmandises. C’était une commande, que j’ai réalisée avec beaucoup de plaisir. Malheureusement, la maison d’édition a fermé ses portes depuis, et le livre n’a pas eu le succès escompté chez eux…

Aujourd’hui, Extases est un roman autoédité sur Amazon KDP (numérique et papier) et Kobo Writing Life (numérique seulement). J’ai dépassé les 110 ventes, et le roman continue son petit bout de chemin… c’est de la romance érotique dans un univers steampunk, mettant en scène un couple de femmes dans une société victorienne très (voire trop) corsetée.

Entre quête de liberté et amitié avec bonus sensualité, les deux héroïnes tracent leur chemin au cœur d’une société ultra-patriarcale. Je tiens à préciser que c’est un roman qui met en scène deux femmes bisexuelles, dans une perspective qui ne soit pas masculiniste – autrement dit, ce n’est pas vu du point de vue du fantasme masculin de deux femmes ensemble, mais bien de la relation féminine.

Le résumé et la couverture sont disponibles ici : https://amzn.to/2UbNf7l

VSA : Depuis que je te connais, je t’ai toujours associé aux univers steampunk et fantasy. Pourrais-tu nous dire ce qui t’attire dans ce genre littéraire ?

CD : L’hybridité, pour le steampunk surtout. Pour moi, avant d’être un genre littéraire, le steampunk est une coloration : on peut en mettre sur la SF, la fantasy, le fantastique, le roman d’aventure, etc.

Côté fantasy, c’est plus difficile à dire : je déteste la fantasy classique, car je la trouve trop figée. Il y a trop de codes, pas assez de liberté à mon goût. J’aime donc la fantasy hybride, elle aussi…

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VSA : Cette nouvelle est, certes, steampunk, mais surtout érotique. C’est un genre dans lequel je te découvre, pour ma part. Peux-tu nous expliquer pourquoi tu t’es intéressée à ce genre ?

CD : Comme je le disais plus haut, Extases était avant tout une commande, mais ce n’est pas la seule raison qui m’a poussée à l’écrire.

Voilà cinq ans, un peu par obligation, je suis devenue traductrice de romance homoérotique sous le pseudonyme Jessica Hyde (Extases étant publié sous celui de Jessy K. Hyde, donc… ^^) Je ne découvrais pas le genre, mais j’en lisais très peu à l’époque. C’est en traduisant différents textes que j’ai compris ce que j’aimais et n’aimais pas dans le genre. J’ai découvert des récits moins classiques, moins clichés que ce qui se fait majoritairement en romance homoérotique, et ça m’a tout simplement donné envie d’en écrire… à ma façon, loin des clichés habituels.

Même si j’essaie de respecter certains codes, cela va sans dire !

VSA : Il y a-t-il, selon toi, un écueil absolu à éviter dans le cadre de l’érotisme ?

CD : Oh oui, absolument : le non-consentement.

Et je ne vise pas le genre de la romance BDSM quand je dis ça (bien au contraire, la notion de consentement est au cœur du BDSM, même si le milieu n’est pas non plus dénué d’abuseurs et d’abuseuses…)

Ne rendez pas le viol romantique ou esthétique, par pitié. Être violé-e (et non pas « se faire violer », comme si la victime y était pour quelque chose) n’a rien d’érotique. C’est aussi indécent que de rendre magnifique un terrible accident de voiture où 3 enfants perdent la vie en agonisant pendant 6 heures au fond de la pampa…

VSA : De mémoire, c’est la première fois où ton couple principal était un couple de femmes. Pourquoi ce choix et est-ce que cela diffère-t-il de l’écriture de couples d’hommes ou hétérosexuels ?

CD : Alors… non, ce n’est pas tout à fait la première fois, même si ça s’est déroulé « off-book » 😉 C’est-à-dire que Emilie et Alba ne sont pas mon premier couple féminin : il y a eu Lara et Fraan avant elles, dans les Foulards Rouges (mais il faut avouer que les héroïnes d’Extases sont les premières à être mises en scène durant l’acte, mais aussi pendant leur histoire d’amour, et non après…)

J’ai fait ce choix sans volonté particulière, juste parce que j’en avais envie – après tout, on ne se pose pas la question du choix de mettre en scène un couple hétérosexuel. Après, cela se justifie aussi par l’histoire que je raconte : dans une société ultra-patriarcale, deux femmes mariées à des hommes qui se mettent ensemble ? C’est le choix de rébellion le plus absolu !
Le thème du roman n’est en effet pas tant le lesbianisme ou la bisexualité que la quête de liberté.

Pour moi, ça ne diffère en rien d’un couple d’hommes ou d’hétéros, donc. C’est juste une question de tuyauterie, comme dirait le Fou dans l’Assassin Royal, personnage non-binaire par excellence à mes yeux !

VSA : De nombreuses voix se font entendre pour des récits romantiques et érotiques plus sains dans les relations entre les différents partenaires (NdVicky : nous en avions longuement parlé avec Valéry K. Baran en mai). Comment te positionnes-tu par rapport à cela et est-ce que cela a eu un impact dans l’écriture d’Extases ?

CD : Alors, en fait, je pense qu’on peut écrire sur des relations malsaines… et même qu’on doit écrire dessus… à condition de ne pas les rendre romantique ou souhaitables.

Cela a évidemment eu un impact dans l’écriture d’Extases, puisque je me suis attachée à montrer les rapports de forces déséquilibrés entre femme et époux dans une société patriarcale : peut-on, vu le contexte, seulement avoir une relation saine ? Peut-on être libre dans un couple hétérosexuel quand c’est la seule chose que la société nous autorise ?

C’est une question centrale, à laquelle je ne donne pas de réponse. J’invite seulement à la réflexion.

VSA : Tu publies en auto-édition Extases. Peux-tu nous dire comment tu l’as préparé ?

CD : Pour le texte, c’était assez simple : il avait déjà été corrigé par un éditeur et une correctrice professionnelle, donc à part une relecture rapide et cosmétique, c’est à peu près tout.

J’ai fait la maquette intérieure sur la base de celle donnée par Amazon KDP. Pour l’extérieure, je suis allée sur Canva.com, qui est un formidable outil de mise en page et de graphisme, pour les billes comme moi en Photoshop !

Côté promotion, je me suis assurée de proposer le roman en service presse à 4 ou 5 blogueurs dont j’aimais bien le travail. Je ne cherche pas à avoir 50 000 avis de lecteurs : 3 ou 4 suffisent souvent à se faire une idée, et sinon, selon moi, le lecteur potentiel se noie dans la quantité d’opinions exprimées.

Je n’ai pas fait de super plan de promotion, à part pour les 3 premiers mois, où je donnais les chiffres de ventes, faisais des rappels, partageais des extraits… et depuis, je laisse le roman vivre sa vie.

Je vends moins, mais mieux, et ça me va ! Je déteste les promotions agressives. Ça me fait fuir, personnellement.

VSA : Tu réalises un coaching pour des auteurs en écriture créative. Peux-tu nous expliquer en quoi cela consiste et si cela peut aussi s’adresser à des personnes qui préfèrent l’auto-édition à l’édition classique ?

CD : Cela s’adresse à tous les auteurs qui ont besoin d’aide, qu’ils soient en édition classique ou en autoédition, déjà édités ou pas… tant qu’ils ont besoin d’une aide régulière, adaptée et personnalisée.

Je ne suis pas vraiment « coach », plutôt « mentor », c’est-à-dire que c’est un accompagnement de moyenne à longue durée (6 mois à un an) qui vise à rendre l’auteur autonome, de manière à ce qu’il n’ait ensuite plus besoin de moi. Je peux aider à chasser un syndrome de l’imposteur, à retrouver l’envie d’écrire, à prendre de bonnes habitudes pour écrire plus régulièrement… bref, je m’adapte au problème du coaché/mentoré.

Je ne remplace pas un éditeur ni un agent. Je deviens le petit esprit posé sur votre épaule, votre bonne conscience en écriture qui est là pour vous aider sans que cela représente une pression ou un poids, mais une motivation. C’est beaucoup de patience, de pédagogie, d’écoute – et de transmission de mon savoir-faire, aussi. Mes 10 ans d’édition et 15 ans d’écriture font que j’ai pas mal à raconter et à transmettre. Les raisons qui m’ont poussée à proposer ce service sont très nombreuses et longues à expliquer, et c’est pourquoi j’en ai fait un article sur mon blog.

VSA : Un dernier mot pour convaincre les lecteurs que Extases est le livre qu’il leur faut ?

CD : Si à ce stade ils ne sont pas convaincus, je ne sais pas ce qu’il leur faut :p

Pour retrouver Cécile Duquenne :

Pour me soutenir :

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